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Les frayeuses
septembre 8, 2007, 1:52
Filed under: Les frayeuses

Les frayeuses

VIDEO

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Des pieds, de femme. Le battement des pieds qui se succèdent : cadrage serré sur la marche. Toutes ces frayeuses tracent leur route sous surveillance vidéo rapprochée de Catherine Gfeller. Mais au lieu que le cadre et l’outil l’emportent sur le sujet, ces pieds ont, il faut le dire un charisme fou ! On les suit, car on comprend très vite qu’ils marchent pour nous. Comme Diane déesse chasseresse qui parcourait les forêt la nuit en éclaireur pour ramener son père et ses frères à la chasse le jour revenu. Les Frayeuses marchent comme on court. Elles marchent pour parler, pour se parler, pour laisser la pensée fredonner. La plupart du temps, elles se parlent, mais nous ne distinguons pas leurs paroles. Pas plus que nous ne savons où elles marchent. On peut nommer ces paysages lus au ras du sol (sentier, plage, passage piétons, etc…), mais en réalité, ces paysages sont ici des abstractions de décor. Le décor de quoi ? Du mouvement, simplement du mouvement. Alors que le travail photographique et vidéo de Catherine Gfeller porte très souvent sur des situations intra-urbaines et en particulier des lieux de mobilité intense et répétitive, cette série renvoie à la racine de sa fascination pour le thème du mouvement : il ne s’agit pas seulement de pouvoir faire ce que l’on veut, mais aussi qu’on exerce ce pouvoir : marcher aurait à voir avec les rythmes qui portent chacun, un rythme intime et fondateur. Comme tu marche, tu es ?

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Ces images sont une contribution important au dispositif de la Biennale, car elles viennent poser une autre valeur du mouvement, qui en l’occurrence fonde toute réflexion sur les migrations. Pouvoir bouger c’est pouvoir exercer sa sphère personnelle pour se choisir un itinéraire. « Je marche donc je me parle?!» Philosophes et écrivain ont été nombreux pour souligner la valeur d’une relation au mouvement comme fondateur pour la pensée. Je bouge et je suis libre, je marche et les pensées me viennent. Suivre les Frayeuses devient alors un spectacle de mauvaise conscience pour tous ceux qui ne pense pas, parce qu’i ne frayent aucun sol assez fort où exister rien que par cet acte fondateur: marcher.

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